My Photo

Préparation 1er marathon

16 février 2008

Le baby blues du marathon

Ce soir j'ai du faire un constat.

Je suis en plein baby blues de mon marathon....enfin plus sérieusement je suis dans la phase du type qui n'a plus d'objectifs en tête et qui donc ne fait plus grand chose, et donc n'est pas au mieux de sa forme physique et psychologique. En fait, c'est ma femme qui m'a dit que depuis début décembre, je ne semble pas au mieux. J'ai eu ma période euphorique juste après la course. Juste après, j'ai du stopper la course pendant une assez grande période à causes de mes problèmes aux genoux.
Et j'ai donc visiblement plongé dans une sorte relâchement-déprime post marathon.

Alors que faut-il faire pour que les choses s'améliorent ? Un nouvel objectif sportif ?
Hum...pas très motivé en ce moment.
Mais il faut que j'y pense très sérieusement pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, le marathon m'a donné une bonne excuse pour faire des séances d'entraînements et donc des périodes sans travailler.
Ca semble insignifiant mais je constate ces derniers temps que sans ces pauses "forcées" je ne fais que travailler pendant plus de 12h par jour (voir bien plus et week-end compris). Je n'arrête jamais et donc aucun break psychologique (ni physique). Constat: je le paye au niveau de la santé, c'est flagrant.

Ensuite, au niveau de l'hygiène de vie, c'est le même constat. J'étais beaucoup plus rigoureux en phase de préparation. J'ai pris du poids depuis et je me nourris mal....très mal.

Cela fait presque 10 jours que j'y réfléchis beaucoup. J'ai fait plusieurs séances de sport de suite pour voir comment cela se passait et j'ai tout de suite vu un mieux psychologique. Au niveau psychique c'était plutôt des courbatures ;-)

Je me demande donc très sérieusement si je ne devrais pas trouver un nouveau "challenge" sportif à réaliser afin de m'imposer un certain nombres d'entraînements et donc une meilleure hygiène de vie .....et donc une meilleure santé. Le raison unique de faire du sport pour se sentir mieux ne semble pas me suffire. Il me faut des sources de motivation assez importantes visiblement. Je dois dire que ce n'est pas évident à gérer car pour le moment je n'ai pas envie de faire grand chose alors qu'il faudrait tout le contraire.

13 novembre 2007

Arrêt forcé

J'ai enfin été chez l'ostéo hier,  qui est par ailleurs également acupuncteur, il était temps.
Verdict: pas de course avant 10 à 15 jours.

Il m'a fait craquer la colonne et contrôler mes genoux. Mes douleurs ne sont pas musculaires, j'ai emmagasiné beaucoup trop d'acidité ces derniers temps et ceci se répercute dans mes articulations. Donc petit traitement à base d'aiguilles plantées dans les jambes.

Je dois aussi stopper pendant 15 jours un maximum les aliments acidifiants comme le Coca Light. Essayer de manger plus sainement (arrêter les sandwiches à midi).

Y a pas de grandes nouveautés dans le discours, c'est juste que je n'applique jamais ces principes simples jusqu'au jour où je suis bien obligé.

Bien se nourrir, bien s'hydrater, se reposer suffisament, c'est pourtant pas très compliqué et on voit très vite une différence. Mais arrive à maintenanir ces choses simples sur plusieurs mois ? Malheureusemnent pas moi…..encore !

06 novembre 2007

Evacuer....

Depuis la fin de mon marathon, j'ai envie de courir. Au début j'étais patient et c'était normal vu l'effort réalisé.
Après plus de deux semaines de quasi inactivité j'ai un manque. J'ai besoin de me défouler ....à un très haut niveau.
Certains vont voir des psys.....moi j'ai mon blog et la course à pieds ;-)

C'est simple à dire mais ça me donne un équilibre, j'ai besoin d'évacuer certaines choses et le sport, plus particulièrement la course à pieds me sert à cela.
Je pourrais essayer de faire d'autres sports en attendant mais je n'ai pas d'envie.
Je devrais peut-être reprendre les sports de combats (j'ai pratiqué pendant plusieurs années) histoire de vraiment me défouler mais bon....j'ai qu'une envie courir......et je ne peux pas !
Alors je suis frustré et je garde ma "rage" à l'intérieur, mais c'est très mauvais car je vois que je ne tourne pas rond.....et je risque d'exploser comme on dit.

05 novembre 2007

La pause s'impose !

Voilà une semaine que je cours mais au sens figuré.

1ère sortie post marathon lundi dernier. J'étais bien motivé, je souhaits faire 40 minutes, tranquille.
Ce fut une catastrophe, après même pas 3 min de course, je sentais déjà des douleurs dans mes genoux et dans les muscles. J'ai déclaré forfait après 24 minutes….sortie pitoyable. A vrai dire, je n'ai pas essayé de forcer, c'est inutile à ce stade. Je n'ai plus d'ambitions de course sur cette année, donc je ne suis pas obligé de m'entraîner comme un forcené.

Depuis lundi dernier je n'ai pas recouru. J'ai fait une marche en montagne de 2h30 ce samedi et une de 1h30 hier, ce fut aussi très mauvais. J'ai mes douleurs assez vives dans les genoux, les tendons et les muscles. Bref, je le constate vraiment, je n'ai pas digéré physiquement le marathon comme je le pensais. La tête oui mais le corps ne suit pas.

Quelle suite pour cette année ?

Je crois que je vais renoncer, par la force des choses, à faire une nouvelle course cette année. Au niveau entraînement, je vais essayer de refaire une tentative dans la semaine pour voir mais je suis assez sceptique. Il faut (vraiment) que je prenne rendez-vous chez l'ostéo histoire qu'il me remette un peu sur les bons rails.

C'est assez amusant de voir que j'ai couru mon marathon il y a deux semaines et que je n'en ai vraiment pas l'impression. On en fait toute une montagne mais finalement ce n'est pas si compliqué que cela (si si….je ferais d'ailleurs une note sur ce sujet). Il ne me reste plus qu'à trouver des nouveaux objectifs pour 2008.

Des idées ?

 

 

25 octobre 2007

Vidéo: Mon arrivée au marathon de Lausanne

Voici la vidéo de mon arrivée sur le marathon, lorsque je coupe la ligne.
On voit que j'ai pas la même allure que les autres participants (sur la vidéo), c'est normal, eux faisaent le semi. On voit que j'ai les jambes lourdes, mais je semble content (je confirme) et assez lucide aussi (je confirme également).

C'est sympa d'avoir une petite vidéo de son arrivée je trouve. Bonne initiative du comité d'organisation de la course.


24 octobre 2007

Indestructible

Il faut que je me calme. Depuis dimanche, je suis sur mon nuage. J'ai l'impression d'être indestructible, rien de négatif ne m'atteint, c'est fou.
Ce matin, j'étais debout à 4h, trop plein d'énergie, impossible de dormir.
Curieusement les choses négatives qui me sont arrivés depuis dimanche m'ont semblé presque anecdotiques.
Comme me dit ma femme, faudrait que je fasse un marathon par semaine, tellement je suis positif actuellement.
Pourvu que ça dure ;-)

23 octobre 2007

Marathon: 2 jours après

Je dois le dire, je suis un homme heureux. Depuis dimanche j'ai le sourire, je suis de bonne humeur. Il parait que c'est normal. J'en sais rien, mais c'est plaisant.
Dimanche soir, j'avais très mal aux jambes. Ceci est un peu normal vu que je venais de faire 42 km, mais c'est aussi l'après course que j'ai mal géré.
Je n'ai pas fait d'étirements et j'ai pris un bain chaud, tout ce qu'il ne faut pas faire. Résultat en début de soirée, j'étais cassé, je marchais comme un robot.
Depuis, ça va de mieux en mieux, j'ai encore de belles douleurs dans les jambes mais je marche un peu près normalement. Il y a encore la descente des escaliers qui me pose problème.
Je trouve néanmoins surprenant mon état de forme et ma récupération, j'ai bien assimiler ce marathon, enfin pour le moment.
Je vais voir si il est possible pour moi d'aller courir en fin de semaine. J'ai une envie folle de remettre mes chaussures et d'aller faire mes entraînements libres...sans contraintes.

C'est quand même magnifique l'après-marathon ;-)

22 octobre 2007

Marathon: compte rendu

Voilà mon compte rendu du marathon. J'avertis ceux qui ne s'intéresse pas à la course à pieds, il est très long. C'est d'ailleurs la plus longue note que j'ai faite sur ce blog.

Dimanche 21 octobre:

Le réveil sonne (enfin vibre car je me réveille avec mon BlackBerry), je commence à me lever, je regarde l'heure...ooooouh 2h du matin.
Qu'est-ce qui ce passe ? J'ai mal réglé l'heure ? Non, j'ai juste reçu un sms (texto) d'une collègue de bureau qui va courir le semi, elle me souhaite bonne chance.
Je me recouche mais impossible de me rendormir, je vais somnoler jusqu'à 5h45.

C'est enfin l'heure du vrai réveil. Ca va, je me sens pas fatigué et je semble assez motivé.
Je lance la cuisson de mes pattes et je commence à préparer mon matériel pour la journée.
En mangeant mon plat de pattes, je regarde une emission qui est passé sur la TSR (chaine de TV Suisse) la semaine précédente. C'est sur des coureurs d'ultra, ça tombe bien.
Pour me motiver durant ma course, j'avais pensé à plusieurs phrases à me répéter pour ne pas lâcher, comme des phrases de film, mais j'y reviendrais plus tard.
Là, je regarde à nouveau un extrait du film 300, le moment ou Leonidas dit: "Mais sache ce qu'est un spartiate"
C'est un délire qu'on a eu sur plusieurs soirées avec des potes, moi ça me motive pour ne pas lacher.

J'envoi un sms à mon camarade de course, il est aussi prêt à tout casser. Ca s'annonce bien.
Je termine mon sac. Je prends différents habits car je ne sais pas encore avec quoi je vais courir. Le froid semble bien présent et ils annoncent pas mal de vent.

7h45: Départ pour Lausanne. On part à 4, moi et mon camarade de course, et nos deux petites femmes qui ont eu le courage de se lever pour venir nous encourager.
8h40: On arrive sur place et la première chose qu'on fait c'est de courir au toilettes. On s'est obligé à boire pas mal plusieurs avant le départ, il faut gérer.
8h50: Dilemne. On regarde les autres coureurs pour voir comment ils sont habillés. Il y a de tout mais visiblement la tendance est aux habits d'automne voir d'hiver.

On hésite encore. Je décide d'attendre d'être au départ pour prendre ma décision. On se met de la crème anti-frottements un peu partout et on attend, pendant que nos femmes se sont réfugiées dans la voiture à cause du froid.
9h10: On se dirige vers la zone de départ. Il y a déjà pas mal de monde. Petit tour, on observe les autres.
9h30: Direction les toilettes.
9h40: Je prends la décision de courir en t-shirt manche longue version été. Je risque d'avoir un peu froid, mais si je dois mettre un autre couche ça sera l'inverse. Avoir trop chaud pendant des heures, ç'est pas gérable. J'accroche donc finalement mon dossard.
9h54: Re-session toilettes de dernière minute. On de dépêche ensuite pour se placer au départ. On se met tout derrière comme prévu.
9h59: Petite photo souvenir avant le départ
10H00:  - Km 0: Voilà, c'est le départ. On franchit la ligne dans les derniers. Et on se lance. C'est sympa, les premiers 100 mètres il y a du monde pour nous encourager. On trouve notre petit rythme et on y va. On double (déjà) un groupe de japonais venu spécialement du Japon. C'est drôle car je vais en voir beaucoup durant le parcours.
Les premiers km se passent bien, on a le sourire, content d'être sur cette course. On voit déjà ceux qui vont faire la course derrière avec nous pendant le parcours.
Tout d'un coup, je vois un type me dépasser à une allure folle. Je ne comprends pas, il a les dossard N4, c'est un des favoris. On se dit qu'il a loupé le départ ce qui sera confirmé par la suite. Le type est parti alors que tout le monde avait déjà fait plusieurs km, enfin surtout les premiers. C'est quand même fou de rater l'heure du départ.

Km 5: Premier ravitaillement, je ne prends qu'un verre d'eau. En plus elle est gelée, il va falloir que je fasse attention car ça peut être mauvais pour le ventre.
Y a de l'ambiance sur le parcours avec des groupes de musiques. On passe devant stand d'animation et le type annonce au micro une nouvelle chanson qu'il va mettre...la chanson commence et on entend....I want to go home.......on est juste mort de rire. On lui dit qu'il a vraiment bien choisit son morceau, il se marre car il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait mis un morceau aussi bien ciblé sur nos envies.

Km 9: 2ème ravito dans un petit village. La je bois un verre d'eau et un de boisson énergétique. Je mange mon gel et un bout de banane. A la sortie du village, il y a des toilettes publiques, on en profite pour faire un petit arrêt. J'ai déjà plus grand chose à évacuer. On se relance sur la route. On dépasse des gens qu'on avait déjà dépassé mais qui eux ne s'arrêtent pas aux ravitaillements, donc on fait le yoyo. Le ballon et le groupe des 4h30 étaient à 100 mètres devant nous, avant la pause toilettes, ils ont pris un peu le large.

On commence à faire la partie chiante de ce parcours, c'est à dire une longue ligne droite avec faut plats montants et descendants, en plus la route n'est pas droite, elle penche un peu, c'est pas très bon pour les articulations. Mais à ce stade, je me sens bien, je sens un peu mes jambes mais presque rien, la vie est belle, je suis heureux.

Km 15: Nouveau ravito, je prends à boire et je mange un bout de banane. Ca commence à faire un peu trop, j'ai le ventre un peu gonflé, il va falloir que je fasse attention.
On arrive au km 16 et on croise les premiers du marathon qui sont déjà sur le chemin du retour. Ils ont l'air super frais et ils vont vite...très vite,  on est vraiment impressionné.
Quelques minutes plus tard, on recroise le numéro 4 qui est parti après tout le monde, on est sur le cul, il est à la 6ème place, c'est de la folie. Mais l'écart avec les premiers est trop grand, il ne reviendra pas, il terminera 4ème déçu.

On arrive dans les derniers km du semi, on entre dans Vevey, traverser de la ville pour aller jusqu'à la Tour de Peilz. On boucle le semi en 2h21min. C'est 13 min de plus que notre semi du mois de mai. Mais c'était ce qu'on avait prévu, on est pas au même rythme et on fait beaucoup d'arrêt pour les ravitaillements. A ce stade, je suis content, j'ai les muscles assez durs, mais ça va et surtout j'ai encore la niaque, l'envie d'aller au bout et c'est primordial. Par contre, mon camarade de course c'est fait mal au genou depuis 2 km, il commence à tirer la jambe. Juste après avoir passé la mi-course, on est obligé de s'arrête pour marcher un peu, il est pas très bien. J'en profite pour avaler un gel et boire un peu. Je le pousse à reprendre la course. On va faire cela durant plusieurs km, mais il n'en peut plus. Je vais mon maximum pour l'engueuler, l'encourager, pour qu'il n'arrête pas, mais je le vois bien il a du mal. Le plus dur pour moi est de reprendre la course et de devoir m'arrêter quelques minutes après, ça me casse les jambes, mais je ne veux pas l'abandonner. On terminera ensemble et c'est tout.

Km 25: On se ravitaille en marchant. Je me dis qu'il ne reste plus "que" 17 km. C'est jouable...ça va le faire.
Km 26: Après de nouveaux arrêts, on doit s'arrêter, il n'avance plus, le genou lui fait trop mal. Je discute un peu. Mais là, je vois bien que c'est très dur.
Un samaritain s'approche, nous demande si on veut de l'aide. Mon pote me dit de continuer seul, je peux pas. Il insiste. Je lui demande si il est vraiment sur de savoir ce qu'il fait et qu'il ne va pas regretter. Il me dit qu'il peut plus, c'est pas possible. Je demande au samaritain si il y a un moyen de transport prévu pour les blesser, il me dit que c'est pas un problème. On dit qu'on se retrouve à l'arrivée et il me demande de le terminer pour lui. C'est décidé, je pars seul à l'attaque des 16 km restants.

Dès mon nouveau départ, je me lâche, j'ai l'impression d'avoir beaucoup d'énergie. Je remonte quelques coureurs qui nous avaient dépassés pendant qu'on discutait avec le samaritain.
J'ai la niaque, l'envie de tout casser. On voulait faire ce marathon à deux, le terminer à deux quoi qu'il arrive et je me retrouve seul sur la route, c'est pas juste. Je dois le finir.
Je dois me calmer car j'ai tendance à aller plus vite que le rythme prévu, je ralentis un peu. A partir de ce moment, je ne vais pas arrêter de cogiter, impossible d'arrêter le cerveau.
C'est très pénible. J'avance km par km.

Km 29: Je commence à avoir vraiment les jambes lourdes, ça tire beaucoup. Mais faut que je tienne, je suis presque au km 30, je vais arriver à la fameuse barrière, il ne faut pas lâcher.

km 30: Petit ravito, je ne sais plus trop ce que j'ai pris, un gel, des sucres, banane, flotte, etc.....je fais quelques assouplissements......tout est dur.

A partir de là, c'est encore la partie chiante du parcours mais dans l'autre sens. Je me tape le mur des 30, c'est un longue route, tout droit et y a un grand mur sur ma droite, c'est symbolique, mais le mur je le prends méchamment. Je passe devant l'écriteau des 30 km et je me dis, trop fort, je fais geste du bras, le point serré, j'ai gagné. Je le ferais à chaque panneau pour chaque km de fait jusqu'à l'arrivée, petit rituel mais ça me donne du courage.

Sur ce parcours, on croise de nouveau ceux qui étaient déjà à l'apéro 2h30 plutôt, leurs états ne se sont pas améliorés. Y a des remarques déplaisantes, du genre: "t'as l'air à la ramasse", comme si je le savais pas, hein !!! Ou alors, "y en a pleins devant toi qui vont plus vite"...non sans blagues !!!!!

A un moment, j'arrive prêt d'un stand d'animation comme celui-ci, je rattrape un coureur, je suis à deux mètres derrière lui. Le stand d'animation est bien animé, mais tout le monde picole et y a aucun encouragement. C'est alors que le gars devant moi lance: "Merci public pour ton soutien" en gueulant bien fort. Je suis mort de rire, mais ça marche, tout le monde applaudit.
Je discute un peu avec lui. Il en a marre, vraiment marre. Je lui dit: En plus on a payé pour ça. Il me répond: Faut surtout pas le répéter ;-)

Les km sont long...mais long, c'est une horreur. J'en vois pas la fin. En fait il y avait normalement des ravitaillements chaque 5 km, mais vu qu'ils sont repartis entre l'aller et le retour, et qu'on fait le même parcours, y en a plus. Donc je me pousse à tenir jusqu'au ravitaillement suivant ou je peux enfin marcher un peu. Marcher me fait du bien, les pulsations descendent et j'ai moins mal aux jambes.

Km 32: C'est énorme, il me reste plus que 10 km. J'ai mal mais je le sais, je vais aller au bout même si je dois marcher jusqu'à la fin. Les passants commencent à m'agacer. Vu que la route est fermée aux voitures beaucoup sont venus faire du vélo ou du roller sur la route. Ca me fout un peu les boules, moi j'avance pas. Je suis un peu seul au monde. Il y a de temps un temps un concurrent que je rattrape, mais les autres sont loin....je suis seul sur ma route et j'ai mal. Mais je suis content, j'ai fait le bon choix au niveau vestimentaire. J'ai pas eu trop froid et surtout je ne souffre pas de la chaleur comme certains. Pleins de coureurs ont du enlever des couches et les conserver avec eux, j'ai pas ce problème.

Km 33: Encore un km de fait, j'ai l'impression que ça fait des heures que je cours seul. Je m'accroche, je pense à mes fameuses phrases pour me pousser au cul.
Après le film 300, je passe à Rocky avec: "si tu échoues c'est le drame de ta vie !". Je repense à une prof de collègue qui m'a dit un jour que je n'arriverai à rien dans la vie, juste pour l'emmerder je vais le finir ce put&%*""".....de marathon !!!!

Y a un ravito dans un village, je marche, ça fait du bien, j'ai plus envie de courir mais bon, l'arrivée est encore loin, il faut tenir. J'ai pas vu le panneau du km 34. ça m'inquiète, j'ai l'impression que ce km est interminable. Tout d'un coup, je vois un panneau, de loin je vois 35, non c'est pas possible, je m'approche......eh oui, km 35. Je suis aux anges, je m'y attendais pas, je m'approche de l'arriver.

On parle souvent du mur dans les revues de course. On nous explique c'est un moment très difficile à passer mais qu'il faut s'accrocher car après quelques minutes ou km, ça va mieux.
Eh bien c'est pas le cas (pour moi). Parfois j'ai eu moins mal pendant quelques centaines de mètres, j'en profitais pour recourir pendant une période, mais le mal est là et il est de plus en plus fort.

Km 36: Je m'étais réjouis du panneau 35, mais ce dernier km a été le plus long du marathon. De la folie. Il ne faut pas s'arrêter et pourtant si je m'écoutais juste un peu je m'arrêterais de courir de suite. Je finirais en marchant, mais non.....aller courage. Je repense à ce monsieur qu'on a doublé dans les premiers km, il courait avec une jambe prothèse, à chaque fois qu'il faisait une foulée ça jambe faisait un arc de cercle. Impressionnant, on l'a encouragé, ils nous a dit qu'il avait mal à l'autre hanche et que dans les montées il était obligé de marcher.
Alors si lui fait un marathon et si il va au bout, comment moi je n'y arriverai pas. Je n'ai pas le droit.

Km 37: Grisant....il me reste que 5 km....c'est rien du tout et pourtant. Je me fais doubler par les premiers coureurs du semi marathon qui sont partis 3h30 après notre départ, directement depuis la Tour-de-Peilz. Ils me frôlent, et me dépassent à une vitesse folle. Je n'avance plus, j'ai les jambes tétanisées. J'ai pris le vent de face une grande partie du parcours et là je me prends une bourrasque qui me colle, j'avance plus. I want go to home comme disant la chanson.

Km 38: J'alterne marche et course. Les coureurs du semi sont de plus en plus nombreux, ils vont vite ça me fatigue encore plus. Mais d'un autre côté ça me pousse vers l'arrivée.

Km 39: C'est presque là. Tenir...tenir...qu'est ce que j'ai pu répéter ce mot là. Je pense à mon pote et à son abandon. Ca me fait chier d'arriver seul, mais il faut que je continu quand même.

Km 40: Voilà, j'y suis. J'ai franchi la barrière des 40 km, il me reste que quelques brouettes et je suis au bout. Je marche un peu. Je me dis qu'il faudrait que je marche jusqu'aux derniers 500 mètres pour m'assurer de pouvoir franchir la ligne d'arrivée en courant. Mais je reprends la course.

Km 41: Ahhhhahhh, j'y suis presque. Ca devient grisant. J'attends la flamme rouge, un panneau indicateur pour le dernier km. Mais rien. Je continu à courir. Un gars me dit: Voilà, on l'a fait. Je le regarde, je vois que je l'avais déjà vu sur le parcours, futur marathonien....comme moi. Je lui dit: oui. On entends que certains sprint, enfin surtout ceux qui courent le semi. On en rigole....sprinter. Impossible. On crois une mec de la sécurité qui nous encourage, il nous dit: Plus que 300 mètres.
Hein....300 mètres, donc pas de flamme rouge...pas de dernier km. J'y suis presque. Je regarde ma montre j'en suis à 4h58, je me dis que faire 300m en deux minutes, c'est jouable, je peux arriver en moins de 5 heures. Alors j'accélère, je ne sais pas comment j'arrive à trouver ce nouveau rythme, mais je cours bien, enfin plus vite que 5 minutes avant. Mais c'est long.
En fait c'était pas 300 mètres mais pas mal plus. C'est pas grave, il y a les barrières, le monde, les applaudissements et je vois la ligne d'arrivée.
Je fixe mes yeux sur l'écriteau " Marathon de Lausanne", je franchis la ligne en fermant les yeux, petit geste du bras. Ca y est. J'ai terminé je suis MARATHONIEN.
J'ai réalisé le parcours en 5h00. On aurait terminé plus vite si mon pote n'avait pas eu son problème, mais ceci est anecdotique.

Il y a du monde après la ligne. Je recherche ma femme mais je ne la vois pas. Il y a la distribution de médailles pour les participants. On essaye de me refiler celle du semi-marathon et je dis au gars. Non, non...y a pas moyen, moi j'ai fait la marathon. Donc finalement on me donne la bonne. Je suis heureux.
Je prends un plastique pour m'abriter du froid. Je vais au stand boissons et j'ingurgite au moins 4/5 verres. Je prends aussi une bouteille, une banane.

Je me rapproche des grilles et j'aperçois ma femme et la femme de mon pote. Elles me félicitent et me demandent ou il est.
Je pensais qu'il arriverait avant moi, ce  n'est pas le cas. Je leur annonce la mauvaise nouvelle.
Je sors de l'arrivée pour les rejoindre. En sortant on croise mon pote qui vient d'arriver avec la fourgonnette des blesser, y en avais pas mal.
Il est content pour moi, mais moi je suis vraiment déçu de ne pas avoir pu le finir avec lui.
Je commence à méchamment avoir mal aux jambes. Autant j'ai pu accélérer sur la fin et je me sentais mieux en coupant la ligne, autant là après quelques minutes, je sens le poids du parcours me tomber dessus. Je me change car là je commence à sentir le froid. Je me mets par terre, ma femme me soulève les jambes, j'essaye de faire circuler le sang.
Je me remets debout et là, c'est parti je marche comme un handicapé. J'ai besoin d'elle pour ne pas tomber par terre. On met au moins 20 minutes pour arriver au parking, faut dire qu'on est les deux dans un sale état.

Dans la voiture, je bois, je mange. On parle sans trop parler. Je ne veux pas trop parler de ma réussite car ça me fait mal pour mon pote, il est très déçu et il s'en veut. Pourtant il ne pouvait rien y faire. Ils nous posent devant chez nous et là le plus dur m'attend: 2 étages sans ascenseur.....pfffff.
Là je dois avouer que j'ai été ridicule à regarder mais bon j'avais pas le choix. J'ai monté les deux étages à 4 pattes, les mains posés sur les marches, seul moyen d'arriver en haut sans y passer deux heures.

Fin de journée assez courte, j'ai pris un bain chaud, ça m'a fait beaucoup de bien sur le moment. J'étais plus souple en sortant mais après 30 minutes c'était encore pire.
Beaucoup de mal à marcher, très grosses difficulté pour me lever une fois assis ou coucher.
J'ai mangé un petit risotto, je ne pouvais absolument plus manger de pattes tellement j'en ai manger cette dernière semaine.
A 20 heures trop cassé et fatigué, je me suis mis au lit, j'ai à peine tenu 10 min de lecture.
Donc je me suis couché. Pas très bien dormis car à chaque fois que je bougeais les jambes cela me réveillait à causes des douleurs.

Mais l'essentiel est ailleurs, j'ai réussi mon objectif que je m'étais fixé l'année dernière. Avec très peu d'expérience de course derrière moi, j'y suis arrivé.
J'ai cloué le bec à pas mal de monde qui pensait que j'allais me planter. Mais je les remercie car ils ont été une très grosse source de motivation.
J'ai appris beaucoup en préparant cette course, en la courant aussi. Ceci sera l'objet de futures notes dans quelques temps.

Je ne réalise pas encore complètement que j'ai réussi à faire un marathon. Mes prochains objectifs ?
Je ne sais pas. Je ne veux pas y réfléchir maintenant, j'ai des idées mais je veux d'abord voir comment je récupère.
Je sais que je ne pourrais pas reprendre la course avant au moins une semaine, on verra ensuite.

Pour résumé: Cela a été un très gros challenge, j'ai repoussé mes limites et aujourd'hui je suis un homme heureux, mais vraiment heureux.
Pour conclure, il y aura certainement un prochain marathon dans ma vie, pour la simple et bonne raison que mon pote ne veux pas rester sur un échec, et donc je l'accompagnerai pour ce défi, c'est certain.

21 octobre 2007

Je suis marathonien

Je suis marathonien.
Cette note s'arrête là, car je suis cassé et j'ai qu'une idée en tête: aller me coucher.
Donc à demain si j'arrive à me lever de mon lit ce qui n'est pas du tout gagner vu mon état.
Mais le principal est ailleurs. JE SUIS MARATHONIEN ;-))

20 octobre 2007

Jour J - 1 J'ai le dossard donc yapluka

Jour J - 1

On touche à la fin de cette longue attente et préparation. Demain c'est le grand jour. Ca me fait sourire. J'attends ce moment avec impatience.
Ce matin, on a pris la voiture, fait 140 km (aller/retour) pour aller chercher nos dossards, faire un tour dans la marathon expo, puis retour.
Donc ça y est j'ai mon dossard, c'est le numéro 540. Petit chiffre, c'est normal on est pas nombreux sur le marathon.

Depuis hier soir, je mets de la crème anti-douleurs sur mes genoux et tendons, j'espère calmer un peu les douleurs avant la course. Je ne sais pas si ça marche, pour le moment j'ai pas trop l'impression. J'aurais pleins de choses à dire sur toute la préparation que j'aurais du faire mais que je n'ai pas faite, mes douleurs que j'ai déjà avant de courir demain, et pleins d'autres choses encore. Mais il faut faire table rase, car demain il n'y a qu'une seule chose qui compte: finir la course.

J'en parlais ce matin avec mon camarade de course. On se disait que c'est bien de participer, mais si on n'arrive pas au bout, on prendra cela comme un échec.
Donc demain je vais faire le maximum pour arriver au bout. Je n'ai aucun objectif chronométrique, je veux juste terminer mon marathon. Pour moi, ça sera déjà un exploit, le reste je m'en fiche.

Le temps pour demain ne sera pas vraiment bon pour nous car il va faire très frais et il y a aura beaucoup de vent. C'est un des éléments que je redoutais le plus, car c'est très fatiguant de courir contre le vent.

Prévision jusqu'à dimanche soir :

Actualisée le 20.10.2007, 17.10
Suisse romande et Valais :
Ce soir et cette nuit : ciel bien dégagé au début, puis augmentation de la nébulosité en fin de nuit. Bise faiblissant en cours de nuit. Dimanche : temps nuageux avec quelques flocons le long des Préalpes l'après-midi. En Valais, également quelques belles éclaircies.
Températures à l'aube comprises entre 0 et 4° et de 5 à 8° l'après-midi, 9 en Valais.

Je ne sais toujours pas comment je vais m'habiller demain. J'hésite toujours beaucoup, car pour avoir été sur les bords du lac aujourd'hui, je sais qu'il fera vraiment frais (froid).

Le principal, c'est que malgré tout ça j'ai un gros moral, j'ai de l'envie. Envie de courir, envie d'y arriver. Je vais essayer de prendre du plaisir à courir ce premier marathon, il va y avoir des hauts et des bas, j'espère pouvoir gérer cela au mieux. La stratégie de course est assez simple. On va partir tout derrière et partir à notre rythme, c'est à dire lentement. On s'arrêtera de courir à chaque ravitaillement pour prendre le temps de bien boire et manger si nécessaire, faire descendre les pulsations...récupérer un peu. Je pense qu'on devrait arriver au semi sans trop de dégâts, après cela sera une découverte totale, une rencontre avec moi si on peut dire. Il n'y aura qu'un mot: TENIR.

Donc rendez-vous demain soir, enfin si j'ai réussi et si je suis encore capable de tenir assis sur ma chaise, pour vous donner des news...et des bonnes ;-)

Lausanne





Vevey